Né sous X, je cherche mes parents biologiques


Né sous X, je cherche mes parents biologiques : « maman », je veux juste te remercier

Droit de connaître ses géniteurs, un droit imprescriptible

Droit de connaître ses géniteurs, un droit universel et imprescriptible !

Publié le  21-06-2016  Par Julien Chaumet
LE PLUS. En début de semaine dernière, Julien Chaumet a sauté le pas. Ce jeune homme né sous X a décidé de partir à la recherche de ses parents biologiques en partageant son histoire sur les réseaux sociaux. À 26 ans, il ressent le besoin de compléter le « puzzle » de sa vie. Son appel a été partagé par des centaines d’internautes. Voici son billet, initialement publié sur Facebook.

Édité et parrainé par Louise Auvitu

Julien Chaumet recherche ses parents biologiques. (Capture d’écran/Facebook)

Hier, j’ai sauté.

Cela fait 26 ans que je suis au bord de la falaise, à fixer le vide et à rester là, tétanisé… Tétanisé par la peur du vide, par la peur que le fond du précipice soit en fait trop loin, que le saut soit trop grand ou pire que le fond soit trop proche et, dans ce cas-là, que la chute fasse mal.

Mais hier, j’ai sauté.

Est-ce que je vais le regretter ?

J’étais au bord, plus que je ne l’ai jamais été. Alors, j’ai avancé encore, encore un peu, traînant ainsi les pieds tel un condamné. Un pied devant l’autre, une marche après l’autre comme disait l’autre. J’ai avancé jusqu’à ce qu’il soit trop tard, trop tard pour reculer. J’ai fixé le vide droit dans les yeux et je lui ai dit qu’il ne me faisait plus peur. Que dorénavant, j’étais invincible. Je m’en suis convaincu en tout cas.

Mais hier, j’ai sauté.

Hier, c’était une journée comme les autres, il faisait gris et le soleil ne sortait que pour se montrer un court instant. L’heure approchait, mais je ne le savais pas encore. Il était 14h35 pour être précis et nous étions le lundi 13 juin 2016. Un jour comme les autres. Sauf que ce jour-là, à ce moment-là, j’ai décidé de faire basculer ma vie comme jamais je ne l’avais fait auparavant.

Est-ce que je vais le regretter ? Est-ce que la chute va me tuer ? Est-ce que mon parachute est assez solide ? Et puis rien à foutre de tout. Une voix me frappa fort à la tête : « Saute ! On s’en fout du reste. Ça ne peut pas être pire de toute façon ».

Hier, j’ai sauté.

Cela fait 26 ans que j’ai ce gouffre en face de moi

J’ai pris mon téléphone, et mon courage à deux mains, et j’ai appelé. Un coup de fil qui allait changer ma vie, la bouleverser littéralement. Du moins dans un premier temps.

J’avais son numéro depuis environ une dizaine d’années dans mon répertoire et mes parents me parlaient sans cesse depuis ma naissance de cette femme, de cette cousine qui elle aussi était née sous X. « Elle milite ! », me disaient-ils. « Elle a aidé beaucoup d’enfants abandonnés à retrouver ses parents et beaucoup de parents à retrouver les enfants qu’ils avaient abandonnés. Appelle-la le jour où tu seras prêt »

Et puis hier, j’ai sauté.

Cela fait 26 ans que j’ai ce gouffre en face de moi, mais que mon seul rêve et mon seul but dans la vie est d’y faire face afin de rejoindre l’autre côté. Je ne sais pas, il a l’air doux l’autre côté. Plus doux que ce monde-là qui s’effondre et s’effrite sans cesse sous mes pieds. Un gouffre fait de questions, d’incompréhensions, de haine, de colère, de peur… Et si l’autre côté, c’était la joie, le bonheur, la sérénité, l’amour, la construction plutôt que la destruction.

Hier, j’ai sauté dans le vide.

Je ne te connais pas et pourtant, tu me manques terriblement

Il y a 26 ans, le 30 janvier 1990, aux alentours de 23h40, tu as accouché de moi à Bordeaux en France, à l’hôpital Pellegrin. Dans mon dossier, il est écrit que tu mesurais environ 1m57, que tu étais une Algérienne (kabyle probablement) avec des traits maghrébins très prononcés.

Tu avais environ 19 ans et, apparemment, cela ne faisait pas longtemps que tu venais d’arriver en France, mais ça n’est pas sûr. Tu étais la septième d’une fratrie (ce qui fait minimum sept tontons ou tatas en plus et des cousins à la pelle).

Mon père, tel que tu le décris, avait environ 21 ans, il était veilleur de nuit en grande surface et d’origine brésilienne. Je n’en sais pas plus sur vous deux. C’est tout ce que je possède. Des racines ancrées sur un bout de papier que le Conseil général m’a donné quand j’avais 16 ou 17 ans.

Aujourd’hui, je vous recherche activement, ou toi du moins « maman » – ce mot « maman » est bizarre pour moi, pas dérangeant, mais étrange, car oui c’est bien toi qui m’as donné la vie et tu en es le commencement, la pièce manquante du puzzle. Je ne te recherche pas pour faire irruption dans ta vie et rattraper le temps perdu, je te recherche pour enfin mettre un visage sur cet immense point d’interrogation.

Je te recherche ainsi le cœur léger et rempli de tendresse à ton égard. Je ne te connais pas et pourtant, tu me manques terriblement. C’est une immense épine plantée dans le cœur que toi seule a le pouvoir de retirer.

Alors hier, j’ai sauté.

Aujourd’hui, il manque une pièce

Maman, mes parents m’aiment d’un amour inconditionnel ! Tu verrais comme ils m’ont élevé, tu serais fière. Fière que le destin les ait choisis eux. Ils sont adorables. Vraiment. Ils ont mis tant d’années à compléter ce puzzle que je suis. Ils y ont mis tout leur amour, toutes leurs forces.

Mais seulement voilà, aujourd’hui, il manque une pièce, une pièce clef. Une pièce qui pourrait tout changer à jamais. Tu es cette pièce. Cette clef. Ouvre la porte ne serait-ce qu’une fois… Ça fait 26 ans que je meurs d’impatience de voir ce qu’il y a derrière.

Personne d’autre que toi ne peut ouvrir cette porte. Tu m’as porté durant neuf mois. Tu as imprégné une partie de moi. Tu m’as donné le plus beau des cadeaux. La vie. Je veux juste te voir en face de moi pour pouvoir te remercier.

Un seul clic peut tout changer

Donc à toute personne qui lira ce billet, famille, ami(e)s, ennemi(e)s, amis des amis, ennemis des ennemis, à toi l’étranger, à ceux aux quatre coins du monde, à vous tous, sachez qu’une personne dans le monde a sauté hier dans le vide, sans parachute en vérité et, vous avez la possibilité non pas de l’aider, mais au moins de ne pas ignorer cela.

Hier, comme aujourd’hui, beaucoup de personnes sauteront dans le vide à leur tour. Des migrants fuyants la guerre et le chaos qui vont quitter leur terre, leur maison, leur famille, leurs amis, leur vie en se jetant à la mer au péril de leur vie. Sans savoir nager même parfois. Sans gilet de sauvetage. Tout ça pour rejoindre l’autre côté. Envions leur courage et leur détermination. Eux aussi sont exactement comme vous, ils ont peur.

Retrouver quelqu’un c’est parfois, voire souvent, le résultat de recherches interminables, longues et pénibles. Pire même, parfois nous faisons tout ça pour rien. Pas de lumière au bout du tunnel, pas de fond dans le gouffre dans lequel nous avons sauté.

Et puis parfois un seul clic (à l’heure des réseaux sociaux et autres), un seul clic peut tout changer. C’est le bouton partage. Ce fameux partage qui est cassé dans nos vies, dans notre monde. Et qui pourrait tout changer. Vraiment tout !

Il y a une infime chance que je retrouve ma famille, mais elle existe 

Si tout le monde partage ce billet, il y a une chance. Une chance infime peut-être, mais une chance quand même. Une chance que quelqu’un, quelque part dans le monde tombe sur mon témoignage, reconnaisse cette histoire et se manifeste enfin.

Regardez vos « suggestions d’amis » sur Facebook, c’est incroyable ! Il y a des gens, à qui vous n’avez jamais parlé, pas une seule fois, aucun ami en commun, rien de commun, mais pourtant, vous connaissez cette personne et vous la retrouvez là, par le plus grand des hasards grâce à cette folle invention que sont les réseaux sociaux. Une base de données gigantesques, un lieu sur lequel nous sommes capables de « liker » près d’un million de fois la photo d’une petite fille qui a perdu son chien et qui veut le retrouver ou capables d’accorder à Maître Gim’s plus de 243 millions de « like » et de « partage ». Vous vous rendez compte de la puissance du truc ?

Alors rendons Facebook utile un instant, s’il vous plaît. Et si tu ne le fais pas pour moi, fais-le pour toi. Ça fait un bien fou de se sentir utile ! Et puis ce que tu sèmes aujourd’hui, tu le récolteras demain. Clique seulement sur « partager »… N’ignore pas. Merci à toi déjà d’avoir pris la peine de lire ce billet jusqu’au bout et merci à toi si tu le partages.

Ils font gagner des millions d’euros à des artistes grâce à internet (nombre de vues, etc.), faites-moi juste gagner une famille.

S’il vous plaît.


—————————–Ils sont encore nombreux ces enfants né sous X qui recherchent la trace de leurs origines, mais aussi la mère et le père qui les ont engendrés. Les moyens de communication sont tels aujourd’hui que bien des espoirs sont permis, quand il n’est pas trop tard. Et que dire des enfants dont le père était prêtre ou la mère religieuse et qui leur ont été enlevés pour être confiés à de « bonnes familles chrétiennes ». Certaines ne veulent même pas entendre parler de la mère biologique de leur enfant adopté au point de mettre tous les obstacles possibles et, depuis longtemps, pour qu’il n’ait même pas envie de les rechercher.
On peut recommander un Site : http://adonx.free.fr/fichnesx.php

Pour mieux connaître procédures et organismes publics ou privés ; http://www.dossierfamilial.com/famille/papiers-citoyennete/naissance-sous-x-la-recherche-de-ses-origines-57057

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